Censure d'un dictionnaire, refus d'intégrer le Kama Sutra à sa bibilothèque, refus d'intégrer l'application Google Voice. Les observateurs se réveillent et tout le monde fait mine de découvrir que l'Apple sphère est certes, un monde design et branché, mais ce n'en est pas moins un monde fermé et étroitement contrôlé.

Parallèlement, Amazon, efface des Kindle (liseuse électronique) deux ouvrages d'Orwell, 1984 et la Ferme des animaux. Etrange ironie que la censure de ces deux livres dénonçant de façon fine et aboutie les dictatures et leurs travers. Posseseurs de Kindle, méfiez-vous, Big Brother is watching you. Pourtant, ce fait divers, m'évoque plutôt un autre roman d'anticipation, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, dans lequel des pompiers d'un nouveau genre brûlent tous les livres. L'occasion de conseiller à mes letceurs ces 3 romans que vous trouverez facilement et avantageusement en version papier.

Si j'évoque ces différentes affaires, c'est parce qu'il me semble qu'elles mettent en lumière un même phénomène primordiale à l'heure ou le numérique occupe une place de plus en plus importante dans nos vies.

Quand on achète Apple au delà d'un objet hype, design et à l'apparente fonctionnalité (Apple produit des produits magnifiques avec des fonctionnalités étonnantes, qui font bien souvent oublié des défauts majeurs que l'on ne pardonnerait pas à d'autres), on achète aussi un produit verrouillé. Je dirais qu'il y a un contrat tacite inhérent à l'achat de matériel Apple, il fait bien ce qu'il fait, mais pas question d'aller au-delà. On vous vend du rêve, on s'occupe de tout, mais en échange, on contrôle tout. C'est tentant, mais les limites apparaissent vite, comme on peut le voir aujourd'hui.

Amazon avec son Kindle, tout comme Apple avec ses produits, contrôle aussi étroitement le code et les formats. Mêmes causes, mêmes effets. Pour ma part, je refuse de vendre ma liberté. Il m'apparaît de plus en plus urgent de militer et de réclamer des formats ouverts, qui seuls permettent d'avoir un contrôle sur ses données, préviennent du contrôle et de la censure et donnent choix et liberté.

J'avais vu passer certaines des informations citées dans ce billet sur différent canaux, mais la l'écriture en a été déclenchée par la lecture d'un billet d'Homo Numericus, Gutenberg ce criminel, que je vous recommande.