Madame le député,

Je ne suis ni le premier, ni le dernier à vous écrire au sujet de ce projet de loi "création et internet". J'imagine que les impasses et les dangers de cette loi vous ont été déjà maintes fois pointés, ainsi que des sources documentaires auxquelles se référer analysant la question tel que le dossier de la quadrature du net ou d'autres moins connues.

Je suis opposé à ce projet de loi et le fait savoir sur internet par le biais des différents moyens que j'ai à ma disposition (blogs, réseaux sociaux...). Mais si je prends aujourd'hui le temps de vous écrire directement, c'est en réaction à la lecture d'un article paru sur le site pcinpact qui cite les propos d'un député:   "On va nous accuser d’être liberticide, que de toute façon, on est la droite, on est liberticide." Je voulais avant tout vous faire savoir que mon opposition ne provient nullement d'un préjugé idéologique.

On peut lire également dans cet article les propos du président de la SACEM, Bernard Miyet, appelant à ne pas écouter les oppositions à cette loi sous prétexte qu'elles proviendraient d'un nombre restreint d'internautes. Tout d'abord, il est normal que la contestation sur ces sujets proviennent d'un nombre restreint d'internautes mobilisés. Il y a toujours ceux qui se mobilisent et ceux qui suivent. D'ailleurs, le nombre d'internautes qui se sentent concernés et sont opposés à cette loi n'est pas si restreint. Je vous engage à consulter à ce sujet la pétition lancée par la magazine SVM et qui rassemble à l'heure actuelle plus de 40 000 signatures. D'autre part, j'ai remarqué que sur ces sujets, ce sont toujours des personnes au fait des techniques qui font entendre leur voix. En effet, ce sont des problèmes souvent assez techniques et pointus auxquels beaucoup de personnes ne comprennent pas encore grand chose, ou du moins pas tous les détails et les implications  vu la récence de l'arrivée de ces technologies dans la vie quotidienne d'un grand nombre.

Enfin, Bernard Miyet ajoute qu'il ne faut pas que les parlementaires se laissent impressionner. Je pense que ce n'est pas l'objet. Les différents internautes et associations engagés contre cette lois ne se lancent pas dans une manœuvre d'intimidation. Il s'agit de pointer du doigt des problèmes peut-être parfois techniques mais qui débouchent sur de véritables enjeux de société. Si des solutions sont à trouver pour la défense de la propriété intellectuelle, elles ne sont certainement pas dans la répression ni dans des atteintes à la liberté d'expression et à la vie privée.

J'espère donc que vous saurez, Madame le député, faire part à l'assemblée nationale des inquiétudes profondes des citoyens que vous représentez et voterez contre ce texte.

Je vous prie d'agréer, Madame le député, l'expression de mes salutations distinguées.